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Plafonds chiffre d'affaires auto-entrepreneur 2026 : tout savoir

Plafonds de CA auto-entrepreneur 2026 : 77 700€ pour les services, 188 700€ pour la vente. Que se passe-t-il en cas de dépassement ? On explique tout.

15 Jul 2026 ✓ Lien copié !
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Plafonds chiffre d'affaires auto-entrepreneur 2026 : tout savoir

En bref : En 2026, les plafonds de chiffre d'affaires de la micro-entreprise restent fixés à 188 700 €/an pour les activités de vente de marchandises et de fourniture de logement, et à 77 700 €/an pour les prestations de services (BIC) et les professions libérales (BNC). Ces seuils sont distincts des plafonds de franchise en base de TVA, qui sont plus bas et souvent source de confusion. Dépasser ces plafonds deux années consécutives entraîne une bascule automatique vers le régime réel d'imposition. Cet article vous explique tout ce que vous devez savoir pour anticiper, gérer et optimiser votre situation.

1. Les plafonds de chiffre d'affaires en 2026 : tableau récapitulatif

Le régime de la micro-entreprise (anciennement auto-entrepreneur) est soumis à des plafonds annuels de chiffre d'affaires. Ces plafonds ont été significativement relevés lors de la réforme de 2022, et ils demeurent inchangés pour l'année 2026. Ils sont réévalués tous les trois ans en fonction de l'évolution de la première tranche du barème de l'impôt sur le revenu, conformément à l'article 293 B du Code général des impôts. La prochaine réévaluation triennale est attendue pour 2026-2027, selon l'évolution de l'indice des prix à la consommation hors tabac.

Il est fondamental de bien distinguer les différentes catégories d'activités, car les plafonds varient selon la nature de votre activité principale déclarée auprès de l'URSSAF. Une mauvaise catégorisation peut entraîner des régularisations coûteuses, voire un contrôle fiscal. Le tableau ci-dessous récapitule l'ensemble des plafonds applicables en 2026 :

Type d'activitéCatégorie fiscalePlafond annuel 2026
Vente de marchandisesBIC188 700 €/an
Fourniture de logement (hôtels, chambres d'hôtes, meublés de tourisme classés)BIC188 700 €/an
Prestations de services commerciales ou artisanalesBIC77 700 €/an
Professions libérales réglementées et non réglementéesBNC77 700 €/an
Location meublée non classée (Airbnb, etc.)BIC77 700 €/an

Ces montants représentent votre chiffre d'affaires brut annuel hors taxes. En d'autres termes, si vous êtes soumis à la TVA (ce qui arrive lorsque vous dépassez les seuils de franchise en base — cf. section 3), c'est le montant hors TVA qui est pris en compte pour déterminer si vous restez ou non en micro-entreprise. Les plafonds s'apprécient toujours sur l'année civile, du 1er janvier au 31 décembre.

Bon à savoir : Les plafonds de la micro-entreprise ne doivent pas être confondus avec les seuils de la TVA ni avec les abattements forfaitaires pour frais professionnels. Ces trois notions sont distinctes et ont des conséquences différentes sur votre activité. Un auto-entrepreneur peut très bien être soumis à la TVA tout en restant en dessous du plafond de la micro-entreprise.

Pour les activités de vente de marchandises, le seuil de 188 700 € peut paraître élevé, mais il est à relativiser : il s'agit du chiffre d'affaires brut, sans déduction possible des achats ou des charges. Si vous achetez des marchandises pour 100 000 € et les revendez pour 188 700 €, votre marge brute réelle n'est que de 88 700 €. C'est pourquoi le régime de la micro-entreprise est souvent moins intéressant que le régime réel pour les activités à faible marge.

2. Comment calculer son CA pour le seuil ?

La question du calcul du chiffre d'affaires est fondamentale pour tout auto-entrepreneur, car une erreur de calcul peut avoir des conséquences fiscales et sociales importantes. Le principe de base est simple mais souvent mal compris : le chiffre d'affaires à retenir est le montant hors taxes effectivement encaissé sur l'année civile, c'est-à-dire entre le 1er janvier et le 31 décembre. Ce principe est dit de la "comptabilité de caisse" ou "comptabilité de trésorerie", par opposition à la "comptabilité d'engagement" utilisée dans le régime réel.

Concrètement, cela signifie que ce n'est pas la date d'émission de votre facture qui compte, mais bien la date à laquelle l'argent arrive sur votre compte bancaire professionnel. Cette règle a des implications pratiques importantes en fin d'année, notamment pour la gestion de votre trésorerie et l'anticipation d'un éventuel dépassement des seuils.

Exemple concret 1 : Vous êtes consultant informatique (prestation de services BIC) et vous émettez une facture de 8 000 € le 20 décembre 2026. Votre client règle cette facture le 15 janvier 2027. Cette somme de 8 000 € sera comptabilisée dans votre chiffre d'affaires 2027, et non pas 2026. Si votre CA encaissé en 2026 s'élève par ailleurs à 71 000 €, vous restez bien en dessous du plafond de 77 700 €.

Exemple concret 2 : Vous êtes graphiste freelance (BNC) et un client vous règle en avance, en décembre 2026, une prestation qui ne sera réalisée qu'en janvier 2027. Cette somme est encaissée en 2026 : elle entre donc dans votre CA 2026, même si la prestation n'est pas encore effectuée. C'est une règle importante à anticiper pour éviter les mauvaises surprises.

Ce qui entre dans le CA : Toutes les sommes encaissées au titre de votre activité professionnelle, y compris les acomptes, les arrhes, les règlements en espèces (dans la limite légale de 1 000 € par client professionnel et 3 000 € par client particulier), les paiements par virement, chèque ou carte bancaire. Les pourboires encaissés dans le cadre de votre activité professionnelle sont également à inclure.
Ce qui N'entre PAS dans le CA : Les remboursements de frais avancés pour le compte de vos clients (débours), les sommes perçues à titre de dommages et intérêts, les subventions d'équipement reçues de l'État, les prêts professionnels, les apports personnels sur votre compte professionnel, et les indemnités de rupture de contrat dans certains cas spécifiques.

Pour suivre votre CA tout au long de l'année et éviter les dépassements, il est indispensable d'utiliser un outil de suivi adapté. Un simple tableur peut suffire au démarrage, mais des logiciels de comptabilité spécialisés pour auto-entrepreneurs, comme Indy, Freebe ou Abby, permettent de centraliser vos encaissements, d'émettre des factures conformes et de visualiser en temps réel l'évolution de votre CA par rapport aux plafonds légaux. Nous y reviendrons en détail dans la section 10.

3. Les seuils de TVA : attention à ne pas confondre

C'est l'une des sources de confusion les plus fréquentes chez les auto-entrepreneurs : les seuils de la franchise en base de TVA sont différents — et généralement inférieurs — aux plafonds de la micro-entreprise. Il est donc tout à fait possible de devoir collecter et reverser la TVA tout en restant sous le plafond du régime de la micro-entreprise. Ces deux régimes fonctionnent de manière indépendante.

La franchise en base de TVA est le dispositif qui permet aux micro-entrepreneurs de ne pas facturer la TVA à leurs clients, et donc de ne pas avoir à la reverser à l'État. Tant que votre chiffre d'affaires reste inférieur aux seuils de franchise, vous bénéficiez de cette exonération. Au-delà, vous devenez redevable de la TVA, ce qui implique de facturer la TVA à vos clients, de déposer des déclarations de TVA (mensuelles ou trimestrielles) et de la reverser à l'administration fiscale.

Type d'activitéSeuil de base TVA 2026Seuil majoré TVA 2026Plafond micro-entreprise
Vente de marchandises / hébergement91 900 €101 000 €188 700 €
Prestations de services (BIC)36 800 €39 100 €77 700 €
Professions libérales (BNC)36 800 €39 100 €77 700 €

Concrètement, si vous êtes consultant et que vous encaissez 45 000 € en 2026, vous restez bien en dessous du plafond micro-entreprise de 77 700 €, mais vous avez dépassé le seuil de base de franchise en base de TVA de 36 800 €. Vous devrez donc facturer la TVA à vos clients et la reverser à l'État. Notez que le seuil majoré de 39 100 € joue un rôle de "tolérance" : si vous dépassez le seuil de base en cours d'année mais restez sous le seuil majoré, vous ne devenez redevable de la TVA que le 1er janvier de l'année suivante. Si vous dépassez également le seuil majoré, vous devenez redevable de la TVA dès le premier jour du mois suivant le dépassement.

Pour les prestataires de services qui travaillent principalement avec des entreprises (B2B), la collecte de TVA peut même être un avantage compétitif indirect : vos clients professionnels récupèrent la TVA que vous leur facturez, ce qui rend votre prix HT attractif. En revanche, si vous travaillez avec des particuliers (B2C), l'ajout de la TVA augmente votre prix TTC et peut vous pénaliser face à la concurrence.

Attention : Depuis le 1er janvier 2025, de nouvelles règles de TVA s'appliquent aux prestations de services numériques et aux micro-entrepreneurs qui vendent à des clients établis dans d'autres pays de l'Union européenne. Si vous vendez des services numériques à des particuliers européens, vous pouvez être soumis à la TVA du pays du client, quel que soit votre CA. Renseignez-vous auprès de votre expert-comptable ou utilisez le guichet électronique OSS (One-Stop Shop) mis à disposition par l'administration fiscale.

4. Proratisation en première année d'activité

Si vous créez votre micro-entreprise en cours d'année, les plafonds de chiffre d'affaires ne s'appliquent pas en totalité pour cette première année. Un mécanisme de proratisation temporelle est mis en place par l'administration fiscale pour éviter de pénaliser les créateurs d'entreprise qui ne disposent que de quelques mois pour générer du chiffre d'affaires. Cette règle s'applique à la fois au plafond de la micro-entreprise et aux seuils de franchise en base de TVA.

Le calcul de la proratisation est le suivant : le plafond annuel est multiplié par le nombre de jours d'activité dans l'année, puis divisé par 365 (ou 366 pour une année bissextile). La date de départ prise en compte est la date de déclaration de début d'activité auprès du Guichet Unique (anciennement CFE ou URSSAF).

Exemple de proratisation pour une prestation de services : Vous créez votre micro-entreprise le 1er avril 2026. Vous disposez de 275 jours d'activité dans l'année (1er avril au 31 décembre). Votre plafond proratisé est de : 77 700 € × 275 / 365 = 58 545 €. Si vous encaissez plus de 58 545 € entre le 1er avril et le 31 décembre 2026, vous êtes en dépassement pour votre première année.

Date de créationJours d'activitéPlafond proratisé (services 77 700 €)Plafond proratisé (vente 188 700 €)
1er janvier 2026365 jours77 700 €188 700 €
1er avril 2026275 jours58 545 €142 283 €
1er juillet 2026184 jours39 157 €95 143 €
1er octobre 202692 jours19 578 €47 572 €

La proratisation ne s'applique qu'à la première année. Dès la deuxième année civile complète d'activité, les plafonds annuels complets de 77 700 € ou 188 700 € s'appliquent, quels que soient les résultats de l'année précédente. Il est donc particulièrement important de ne pas confondre une "bonne année de démarrage" avec une capacité à maintenir ce niveau de CA sur une année pleine.

5. Que se passe-t-il si vous dépassez les plafonds ?

Le dépassement des plafonds de la micro-entreprise est l'une des situations les plus redoutées par les auto-entrepreneurs, mais elle est souvent mal comprise. La règle est en réalité assez simple : un seul dépassement n'entraîne pas immédiatement la perte du régime. C'est le dépassement pendant deux années consécutives qui déclenche le changement obligatoire de régime.

Scénario 1 : Premier dépassement (une seule année)

Si votre CA dépasse le plafond applicable (77 700 € ou 188 700 €) pour la première fois en 2026, vous restez en régime de micro-entreprise pour l'année 2027. L'administration fiscale est informée du dépassement via votre déclaration de revenus, mais aucune sanction automatique n'est appliquée. Vous continuez à bénéficier du régime micro-social simplifié et de l'abattement forfaitaire pour frais. Cependant, l'administration commence à surveiller votre situation de près. C'est le moment idéal pour commencer à vous préparer à un éventuel changement de statut.

Scénario 2 : Dépassement deux années consécutives

Si votre CA dépasse le plafond à la fois en 2025 et en 2026, vous êtes automatiquement basculé vers le régime réel d'imposition à compter du 1er janvier 2027. Ce basculement est automatique et irrévocable : vous ne pouvez pas rester en micro-entreprise, même si vous le souhaitez. Concrètement, cela implique de nombreux changements dans la gestion de votre activité.

Conséquences du basculement au régime réel :
— Obligation de tenir une comptabilité complète (bilan, compte de résultat, annexes)
— Sortie du régime micro-social → cotisations sociales calculées sur le bénéfice réel
— Obligation de déposer des déclarations de résultat (liasse fiscale 2035 pour les BNC, 2031 pour les BIC)
— Si vous restez en entreprise individuelle, passage au régime réel simplifié ou normal
— Possibilité et souvent nécessité de transformer en société (EURL, SASU) pour optimiser la fiscalité
— Nécessité de faire appel à un expert-comptable dont les honoraires représentent généralement entre 1 500 € et 4 000 € par an

Scénario 3 : Dépassement ponctuel très important

Il existe un cas particulier : si votre CA dépasse le double du plafond applicable en une seule année (soit plus de 155 400 € pour les services ou plus de 377 400 € pour la vente), certaines administrations peuvent appliquer des contrôles renforcés. Dans la pratique, un tel dépassement est généralement l'occasion d'une mise en demeure de régulariser votre situation rapidement. Il convient alors de contacter l'URSSAF et les impôts pour organiser la transition dans les meilleures conditions.

6. Activité mixte : vente + services, comment ça marche ?

De nombreux auto-entrepreneurs exercent une activité mixte, c'est-à-dire qu'ils combinent à la fois une activité de vente de marchandises et une activité de prestation de services. C'est par exemple le cas d'un artisan qui vend à la fois des produits (matériaux, créations) et facture des prestations (pose, installation, réparation). Dans ce cas, les règles de plafonnement sont particulières et méritent une attention spécifique.

Pour les activités mixtes, deux conditions cumulatives doivent être respectées pour rester en micro-entreprise :

Condition 1 : Le chiffre d'affaires global (vente + services) ne doit pas dépasser le plafond le plus élevé, soit 188 700 €.

Condition 2 : La part du chiffre d'affaires correspondant à la prestation de services (BIC ou BNC) ne doit pas dépasser à elle seule le plafond de 77 700 €.

Ces deux conditions sont indépendantes et doivent être respectées simultanément. Le non-respect de l'une ou de l'autre entraîne la sortie du régime de la micro-entreprise.

ExempleCA venteCA servicesCA totalSituation
Artisan plombier90 000 €60 000 €150 000 €✔ OK
Artisan menuisier100 000 €80 000 €180 000 €✘ Services > 77 700 €
Consultant-formateur50 000 €50 000 €100 000 €✔ OK
Revendeur e-commerce160 000 €40 000 €200 000 €✘ Total > 188 700 €

En cas d'activité mixte, il est indispensable de bien séparer les deux types de chiffre d'affaires dans votre comptabilité et votre logiciel de facturation. Vous devrez déclarer séparément sur votre déclaration de revenus (formulaire 2042-C Pro) les revenus issus de la vente et ceux issus des prestations de services. Un logiciel comme Freebe ou Indy permet de catégoriser automatiquement vos factures et de générer un tableau de bord par type d'activité.

7. Cotisations sociales et impôt : le lien avec votre CA

En régime de micro-entreprise, les cotisations sociales et l'impôt sur le revenu (si vous avez opté pour le versement libératoire) sont calculés directement sur votre chiffre d'affaires brut, sans possibilité de déduire vos charges réelles. C'est la contrepartie de la simplicité du régime : vous payez un pourcentage fixe de votre CA, quelle que soit votre rentabilité réelle. Cette caractéristique fondamentale du régime micro a des implications directes sur la gestion de vos plafonds.

ActivitéTaux cotisations sociales 2026Versement libératoire IRTaux global (avec VL)
Vente de marchandises (BIC)12,3 %1 %13,3 %
Prestations de services BIC21,2 %1,7 %22,9 %
Professions libérales CIPAV21,2 %2,2 %23,4 %
Professions libérales SSI21,2 %2,2 %23,4 %

Ces taux sont déclarés et réglés chaque mois ou chaque trimestre via le portail autoentrepreneur.urssaf.fr. La déclaration doit être effectuée même si votre CA est nul sur la période (vous déclarez alors "0"). En cas d'oubli de déclaration, l'URSSAF peut procéder à une taxation d'office et appliquer des pénalités de retard pouvant atteindre 5 % des cotisations dues, avec une majoration supplémentaire de 0,2 % par mois de retard.

Il est important de noter que le versement libératoire de l'impôt sur le revenu (VL) n'est accessible qu'aux auto-entrepreneurs dont le revenu fiscal de référence du foyer de l'année N-2 ne dépasse pas un certain seuil. Pour 2026, ce seuil est indexé sur la première tranche du barème de l'IR, soit environ 28 797 € par part de quotient familial. Au-delà, l'option pour le versement libératoire n'est pas possible, et l'impôt est calculé selon les règles habituelles de l'IR, avec application de l'abattement forfaitaire pour frais (71 % pour la vente, 50 % pour les services BIC, 34 % pour les BNC).

8. Optimiser son CA pour rester sous les plafonds

Lorsque votre chiffre d'affaires approche dangereusement des plafonds légaux, plusieurs stratégies légales peuvent être envisagées pour éviter un dépassement non souhaité. Il ne s'agit pas de fraude ou d'optimisation abusive, mais simplement d'une gestion rigoureuse et anticipée de votre activité professionnelle, dans le respect du cadre légal. Attention cependant : certaines stratégies peuvent sembler attractives mais sont en réalité risquées ou inefficaces.

1. Gérer les encaissements en fin d'année : Comme vu précédemment, c'est la date d'encaissement qui compte, pas la date de facturation. Si vous approchez du plafond en novembre ou décembre, vous pouvez légitimement demander à vos clients de régler leurs factures en janvier de l'année suivante, en précisant un délai de paiement de 30 à 60 jours. Cette pratique est courante et légalement valide, à condition de ne pas être abusive et de ne pas avoir pour seul objectif de contourner les règles fiscales.

2. Facturer en débours : Les débours sont des avances que vous effectuez au nom et pour le compte de vos clients (frais de déplacement, achats de matériaux refacturés à l'identique). Ces sommes ne sont pas considérées comme du chiffre d'affaires à condition d'être refacturées à l'exact montant dépensé, avec des justificatifs, et d'être clairement identifiées comme telles sur la facture. Attention : un débours qui se transforme en marge est requalifié en chiffre d'affaires.

3. Envisager la création d'une société parallèle : Certains auto-entrepreneurs créent une société (EURL ou SASU) pour accueillir l'excédent d'activité au-delà du plafond. Cette stratégie est légale mais doit être structurée avec soin pour éviter les risques d'abus de droit ou de fictivité. Elle implique deux entités juridiques distinctes, deux comptabilités séparées, et des flux financiers clairement documentés.

À éviter absolument : La sous-déclaration de recettes (même partielle) est une fraude fiscale passible de poursuites pénales, d'une amende pouvant atteindre 500 000 € et d'une peine d'emprisonnement de 5 ans. L'administration dispose de nombreux outils pour détecter les incohérences entre le niveau de vie apparent d'un contribuable et ses revenus déclarés.

4. Anticiper la structuration juridique : La meilleure "optimisation" reste de choisir la forme juridique la plus adaptée à votre niveau de CA dès que votre activité décolle. Si vous savez que vous allez dépasser régulièrement les plafonds, il vaut mieux anticiper la transformation en société plutôt que de chercher des astuces pour rester en micro-entreprise à tout prix.

9. Anticiper le changement de statut : EURL ou SASU ?

Lorsque votre chiffre d'affaires approche ou dépasse régulièrement les plafonds de la micro-entreprise, la question du changement de statut devient incontournable. Deux formes juridiques sont particulièrement adaptées aux entrepreneurs individuels qui souhaitent évoluer tout en conservant une structure simple : l'EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) et la SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle). Ces deux formes sont des sociétés à associé unique, mais leur régime fiscal et social diffère significativement.

CritèreEURLSASU
Régime social du dirigeantTNS (SSI)Assimilé salarié
Taux de cotisations sociales≈ 45 % du bénéfice≈ 75 % du salaire brut
Protection socialeInférieure (retraite, santé)Supérieure (assimilé salarié)
Imposition des bénéficesIR (par défaut) ou IS (option)IS (par défaut) ou IR (5 ans max)
Frais de création≈ 200 à 500 €≈ 200 à 500 €
Frais comptabilité annuels1 500 à 3 000 €/an2 000 à 4 000 €/an
DividendesSoumis aux cotisations socialesFlat tax 30 % (prélèvement forfaitaire unique)

En règle générale, l'EURL est recommandée pour les activités à fort chiffre d'affaires mais à faibles charges, où le bénéfice est directement lié à l'activité personnelle du dirigeant. La SASU est préférée lorsque vous souhaitez vous verser un salaire important et distribuer une partie des bénéfices sous forme de dividendes, ou lorsque vous envisagez d'ouvrir votre capital à des investisseurs à terme. Pour des revenus compris entre 77 700 € et 150 000 €, l'EURL à l'IS est souvent l'option la plus économique, car elle permet de maîtriser les cotisations sociales en ne se versant qu'une rémunération modeste, le reste étant mis en réserve dans la société.

Pour approfondir ce sujet et comparer les options selon votre situation personnelle, consultez notre guide détaillé : Auto-entrepreneur vs EURL : quel statut choisir ?. Un expert-comptable ou un avocat fiscaliste peut vous aider à modéliser les différents scénarios sur la base de votre CA réel et de vos projections de développement.

10. Les meilleurs outils pour suivre son CA au quotidien

Surveiller son chiffre d'affaires tout au long de l'année est une discipline essentielle pour tout auto-entrepreneur qui souhaite éviter les mauvaises surprises en fin d'exercice. Un suivi rigoureux permet non seulement d'anticiper un éventuel dépassement des plafonds, mais aussi de piloter son activité de manière proactive, d'optimiser sa trésorerie et de préparer ses déclarations URSSAF en toute sérénité. Heureusement, plusieurs solutions existent, allant du simple tableur aux logiciels SaaS spécialisés.

Option 1 — Le tableur Excel ou Google Sheets : C'est la solution la plus économique (gratuite) mais aussi la plus chronophage. Il faut saisir manuellement chaque encaissement, tenir à jour le total cumulé et calculer soi-même l'écart avec le plafond. Cette solution convient aux auto-entrepreneurs qui ont très peu de factures par mois (moins de 5) et qui sont à l'aise avec les outils bureautiques.

Option 2 — Les applications bancaires pro : Des banques comme Qonto, Shine ou Blank proposent des comptes professionnels avec des tableaux de bord intégrés qui permettent de visualiser vos encaissements en temps réel. Certaines proposent même des alertes automatiques lorsque votre CA approche d'un seuil défini. L'avantage est que ces données sont directement issues de votre compte bancaire, sans saisie manuelle. Les tarifs varient de 0 € à 30 €/mois selon les offres.

Option 3 — Les logiciels de comptabilité et de facturation spécialisés : Des outils comme Indy, Freebe, Abby ou Pennylane offrent une vision complète de votre activité : facturation, suivi des encaissements, tableau de bord CA vs plafonds, et génération automatique des éléments nécessaires à vos déclarations URSSAF. Ces outils sont particulièrement recommandés dès que votre activité dépasse 10 à 15 factures par mois.

OutilTypePrix mensuelSuivi CA vs plafondsLien
IndyComptabilitéDès 9,90 €✔ OuiEssayer Indy
QontoBanque proDès 9 €PartielEssayer Qonto
ShineBanque proDès 7,90 €PartielEssayer Shine
BlankBanque proDès 6 €PartielEssayer Blank
FreebeFacturationDès 9 €✔ OuiVoir l'avis
AbbyTout-en-unDès 14 €✔ OuiVoir l'avis

Parmi ces outils, Indy se distingue particulièrement pour les auto-entrepreneurs qui souhaitent un suivi précis de leur CA par rapport aux plafonds légaux. L'outil affiche un indicateur visuel en temps réel qui vous permet de voir instantanément où vous en êtes par rapport au plafond de votre catégorie d'activité. Il propose également des alertes configurables par email ou notification push lorsque vous approchez de 75 %, 90 % ou 100 % du plafond. Pour découvrir l'ensemble des logiciels de facturation compatibles avec le statut de micro-entrepreneur, consultez notre comparatif dédié.

11. FAQ — Questions fréquentes sur les plafonds auto-entrepreneur 2026

Quels sont exactement les plafonds de CA pour un auto-entrepreneur en 2026 ?

En 2026, les plafonds de chiffre d'affaires annuel pour la micro-entreprise sont de 188 700 € pour les activités de vente de marchandises et de fourniture de logement classé, et de 77 700 € pour les prestations de services (BIC) et les professions libérales (BNC). Ces montants sont en vigueur depuis 2023 et n'ont pas été modifiés pour 2026. La prochaine révision triennale est attendue pour 2027 au plus tôt.

Le plafond s'applique-t-il au CA HT ou TTC ?

Le plafond de la micro-entreprise s'applique au chiffre d'affaires hors taxes (HT). Si vous n'êtes pas soumis à la TVA (franchise en base), votre CA HT est égal à votre CA TTC puisque vous ne facturez pas de TVA. En revanche, si vous avez dépassé les seuils de franchise en base de TVA et que vous facturez désormais la TVA, c'est uniquement la part HT de vos encaissements qui compte pour déterminer si vous restez sous le plafond de la micro-entreprise.

Que se passe-t-il si je dépasse le plafond une seule fois ?

Un seul dépassement du plafond de chiffre d'affaires en une année ne suffit pas pour être exclu du régime de la micro-entreprise. Vous conservez votre statut de micro-entrepreneur pour l'année suivante. L'administration fiscale prend note du dépassement, mais aucune exclusion automatique n'intervient. Ce n'est qu'en cas de deux dépassements consécutifs que vous êtes automatiquement basculé vers le régime réel d'imposition à compter du 1er janvier de la troisième année. Profitez de ce délai pour préparer votre transition.

Comment calculer le plafond proratisé pour ma première année d'activité ?

Pour calculer votre plafond proratisé en première année, appliquez la formule suivante : Plafond annuel × (Nombre de jours d'activité / 365). Le nombre de jours d'activité se calcule à partir de votre date de début d'activité déclarée jusqu'au 31 décembre de l'année. Par exemple, pour une création le 1er juillet 2026 en prestation de services : 77 700 € × (184 / 365) = 39 157 €. La même règle s'applique aux seuils de franchise en base de TVA.

Les aides perçues (ACRE, subventions) entrent-elles dans le CA ?

Non, les aides publiques comme l'ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d'Entreprise) n'entrent pas dans le calcul du chiffre d'affaires de la micro-entreprise. L'ACRE est une exonération partielle de charges sociales, pas une recette professionnelle. De même, les subventions d'équipement versées par des organismes publics (Région, BPI France) ne sont pas comptabilisées dans le CA. En revanche, certaines subventions de fonctionnement ou aides à l'activité peuvent être assimilées à des recettes professionnelles : vérifiez auprès de votre organisme verseur ou d'un expert-comptable.

Puis-je avoir deux micro-entreprises pour doubler mon plafond ?

Non, il n'est pas possible de créer deux micro-entreprises distinctes pour bénéficier de deux plafonds séparés. En France, une personne physique ne peut avoir qu'une seule micro-entreprise. En revanche, une micro-entreprise peut exercer plusieurs activités différentes (sous réserve de compatibilité), et les plafonds applicables dépendent de la nature des activités. Si vous souhaitez exercer des activités au-delà des plafonds, la solution légale consiste à créer une société (EURL ou SASU) distincte de votre micro-entreprise, à condition que les deux entités soient réellement indépendantes.

Quel est le meilleur outil pour suivre mon CA et mes plafonds en 2026 ?

Pour un suivi complet et automatisé de votre chiffre d'affaires par rapport aux plafonds légaux, nous recommandons particulièrement Indy (à partir de 9,90 €/mois), qui affiche en temps réel votre progression vers les seuils et envoie des alertes configurables. Freebe et Abby sont également d'excellentes alternatives. Pour les auto-entrepreneurs qui souhaitent aussi un compte bancaire professionnel avec des fonctionnalités de suivi intégrées, Shine et Qonto offrent des tableaux de bord pratiques. Retrouvez l'ensemble de nos recommandations sur notre comparatif des logiciels de facturation.

Les plafonds de CA vont-ils évoluer en 2027 ?

Les plafonds de la micro-entreprise sont révisés tous les trois ans en fonction de l'évolution du barème de l'impôt sur le revenu. La dernière révision a eu lieu en 2023 (pour la période 2023-2025), portant les plafonds à leurs niveaux actuels. En 2026, les plafonds restent à 188 700 € et 77 700 €. Une nouvelle révision est possible pour 2026-2027, selon les décisions du gouvernement dans le cadre de la Loi de Finances. Il est donc conseillé de suivre les actualités législatives à la rentrée 2026 pour anticiper d'éventuels changements applicable au 1er janvier 2027.

Le plafond s'applique-t-il différemment pour les microentrepreneurs en ACRE ?

Non, le plafond de chiffre d'affaires de la micro-entreprise est identique pour tous les auto-entrepreneurs, qu'ils bénéficient ou non de l'ACRE. L'ACRE est une réduction temporaire des cotisations sociales (exonération de 50 % la première année, puis dégressive), mais elle n'a aucun impact sur les plafonds de CA du régime de la micro-entreprise. Les plafonds de 77 700 € et 188 700 € s'appliquent de la même façon à tous les micro-entrepreneurs, indépendamment de leur statut vis-à-vis de l'ACRE.

12. Notre verdict — Récapitulatif complet des plafonds 2026

Voici un tableau de synthèse pour retrouver en un coup d'œil toutes les informations essentielles sur les plafonds de la micro-entreprise en 2026, les seuils de TVA associés, et les conséquences d'un dépassement. Ce récapitulatif est conçu pour être utilisé comme référence rapide dans votre gestion quotidienne.

CritèreVente / Hébergement classéServices BIC / ArtisansLibéraux BNC
Plafond micro-entreprise188 700 €77 700 €77 700 €
Seuil TVA de base91 900 €36 800 €36 800 €
Seuil TVA majoré101 000 €39 100 €39 100 €
Taux de cotisations sociales12,3 %21,2 %21,2 %
Versement libératoire IR1 %1,7 %2,2 %
Abattement forfaitaire IR71 %50 %34 %
Dépassement 1 anMaintien du régimeMaintien du régimeMaintien du régime
Dépassement 2 ans consécutifsPassage régime réelPassage régime réelPassage régime réel

Pour les auto-entrepreneurs qui approchent de leurs plafonds, notre recommandation est claire : ne pas attendre le dépassement pour préparer la suite. Commencez à étudier les options alternatives dès que votre CA atteint 60 % à 70 % du plafond applicable à votre activité. Consultez notre comparatif des banques professionnelles pour choisir un compte adapté à votre future structure, et explorez les logiciels CRM pour structurer votre relation client dans le cadre d'une activité en croissance. Un accompagnement par un expert-comptable, même ponctuel (300 à 500 € pour une consultation stratégique), peut vous faire économiser plusieurs milliers d'euros en optimisant votre transition.

Conclusion : Les plafonds de chiffre d'affaires de la micro-entreprise en 2026 — 188 700 € pour la vente et 77 700 € pour les services — constituent à la fois une opportunité et une limite à ne pas sous-estimer. Leur simplicité de fonctionnement (comptabilité de caisse, taux fixes, pas de comptabilité formelle) en fait le régime idéal pour démarrer ou pour une activité complémentaire à revenu modéré. Mais dès que votre activité dépasse régulièrement ces seuils, la transformation en société devient non seulement obligatoire, mais souvent fiscalement avantageuse. Utilisez les outils comme Indy pour monitorer votre CA en temps réel, choisissez une banque pro adaptée pour séparer vos flux financiers, et n'attendez pas le dernier moment pour préparer votre montée en puissance.
Marc Dupont
Rédigé par
Marc Dupont
Fondateur & Rédacteur en chef

Entrepreneur depuis 8 ans, Marc a fondé Outils AE après avoir lui-même perdu des heures à comparer des solutions inadaptées. Sa mission : simplifier le choix pour les auto-entrepreneurs.

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